
Les récifs artificiels sont souvent présentés comme une réponse possible à la diminution de la ressource dans la bande côtière. Ils ont alors pour vocation d’augmenter la productivité du milieu, généralement pour soutenir les activités de pêche professionnelle ou amateur.
En d’autres termes, l’immersion d’immenses blocs de béton, support de nos futures usines à vent, pourraient jouer le rôle de récifs artificiels, véritable Eden de nos poissons et crustacés.
Dans une récente étude publiée par l’IFREMER, ( Les récifs artificiels – Etat des connaissances et recommandations – 01/2008), les chercheurs soulignent dès la 3ème page que “les structures industrielles ne peuvent être assimilées à des récifs artificiels dès lors que les motivations premières du choix initial de leur localisation et de leur architecture répondent à d’autres critères que l’optimisation de la productivité de l’écosystème d’accueil”.
Ils précisent un peu plus loin : “cette potentielle valorisation de sites industriels ou d’ouvrages maritimes est couramment avancée, soit comme argument pour en faciliter l’acceptation par le public (éoliennes off shore), soit pour en justifier le recyclage sur place et éviter ainsi un démantèlement coûteux”.
En conclusion de cette étude, il convient de relever deux points :
1) l’efficacité d’un récif artificiel sera fonction de sa forme, en tenant compte des spécificités du site d’implantation et des caractéristiques des espèces ciblées. C’est à dire que l’immersion d’un bloc de béton ne saurait, à lui seul, contribuer à valoriser un site sur le plan halieutique ; condition sine qua non : le récif artificiel doit être adapté à cet objectif,
2) la recherche en est encore à ses débuts, contrainte par un déficit de connaissances sur le fonctionnement des écosystèmes, la variabilité naturelle de la ressource biologique, la difficulté à définir des échelles pertinentes d’étude, le coût et la complexité de mise en œuvre des moyens d’investigation en mer. En un mot, on n’en sait rien…
Alors de là à soutenir que les 50 fois 4000 tonnes de béton serviront d’Eden à nos poissons…
Illustration : Etretat
Des récifs artificiels ont été immergés l’année dernière en Manche dans le cadre d’une expérimentation visant à développer la ressource en poissons. Au total, 450 m3 de béton ont été disposés au large d’Etretat sur deux hectares à une profondeur de 18 mètres. L’objectif espéré est le doublement de la ressource, en cinq ans. Durant cette période, la pêche sera interdite sur la concession.
Cette expérience dont le coût est d’un million d’euros, a été financée à 50 % par l’Europe (Ifop, Instrument financier d’orientation de la pêche), le reste par la Région Haute-Normandie et le département de Seine-Maritime.
La modélisation des récifs a été réalisée en laboratoire, pour répondre aux objectifs halieutiques. Résultat, un dispositif et une architecture adaptés en fonction de ces paramètres : au centre, un module de 54 m3, évidé et doté d’ouvertures, dont la forme trapézoïdale donne moins de prise au courant. Il attirera les espèces prédatrices par la création de turbulences à l’intérieur de la structure, là où logent les petites espèces. Puis une première ceinture est constituée de 9 amas de 16 blocs cubiques regroupés en grappes. Enfin, une couronne périphérique de 25 blocs isolés forme une barre de protection. Le béton, évidé, est armé de fibres synthétiques et rugueux, ce qui favorise la colonisation
Mauvaise pente que vous prenez là…
Si on peut effectivement avoir des doutes sur la pertinence d’éoliennes au large des plages du Bessin, l’apport des récifs artificiels est lui sans aucune contestation.
Extraire quelques lignes d’un rapport de l’Ifremer (qui n’est d’ailleurs pas forcément à la page sur le sujet…) sans citer le reste, c’est basique, oriente l’opinion et ne donne pas d’éclairage suffisant.
Comme tout projet, l’immersion de récifs artificiels se fait de manière réfléchis, scientifique et évalué. Le japon est pionnier et leader dans le secteur et les résultats sont un succès !!!
Une étude affirme d’ailleurs le contraire de ce vous avancez :
http://www.i-services.net/membres/newsbox/fiche_news.php?uid=151229&sid=97380&idbox=1643&id=26253&show=new
En clair, des récifs artificiels bien pensés au pied des éoliennes assurent une colonisation rapide et une création de biomasse et biodiversité rapide.
Et il en faudrait du poisson sur les plages du Bessin !!! Une filière des métiers de la pêche est entrain de mourir.
Bref, militer et sensibiliser, pas de soucis. Mais orienter de manière douteuse, c’est décrédibiliser le reste de vos propos.
A bon entendeur et bon courage…
Vous n’autorisez pas les commentaires ???
Je tiens à souligner que je ne met pas en doute l’utilité des récifs artificiels. Je souligne simplement ce que vous reprenez dans votre propos : il faut que ces récifs artificiels soient “bien pensés” ; et par conséquent étudiés en amont. Bref, que du temps et des moyens soient investis pour celà.
Dans l’état actuel de nos connaissances sur les projets d’implantation, rien ne laisse à penser que les industriels en lice ont prévu le moindre centime d’euro pour répondre à l’objectif halieutique. Il faut dire qu’ils sont particulièrement discrets… Pour nous réserver des surprises ?
Les commentaires sont toujours bienvenus ; ils sont simplement “modérés”.